Expert ta mère !

Expert ta mère !

Loin de moi l’autopromo, mais, je viens encore d’être sollicitée pour intervenir sur le plateau d’une chaîne d’info ….! Si, si, c’est vrai et en plus c’est loin d’être la première fois… Du coup je m’interroge sur ce qui pourrait me qualifier pour l’exercice… L’ Afrique? la compol? les médias?  Et encore, pourquoi pas…

Me considérant moi-même comme un fond de tiroir, je me demande ce qu’il peut se passer de si spécial cette semaine pour que personne d’autre ne soit disponible :

-Quota masculin dépassé et risque de rappel à l’ordre par le CSA?

-Épidémie d’angine blanche particulièrement sévère chez tous les analystes reconnus ?

Va savoir… Toujours intriguée par le sujet, je suis tombée sur un article de Jérôme Barthélémy dans @Contrepoints intitulé :

« Les experts médiatiques sont-ils si compétents? La compétence ne devrait-elle pas être un prérequis pour être invité à s’exprimer dans les médias? » (1)

Je suis donc devenue incollable sur la théorie du renard et du hérisson qui m’a ouvert de nouveaux horizons en confirmant mes intuitions. En effet, dans cet article on apprend que le philosophe anglais Isaiah Berlin a classé les personnes en deux catégories :

  • Les hérissons qui voient le monde à travers une règle simple, croient dur comme fer à leur idée et utilisent une grille de lecture unique en exprimant des idées très tranchées. De fait, les hérissons sont la coqueluche des chaînes d’information continue, car leurs prises de position font le buzz.
  • Les renards quant à eux, pensent que le monde ne peut être réduit à une seule idée, sont moins dogmatiques et leur pensée évolue en permanence : trop subtils pour faire exploser l’audimat, les médias les laissent tranquilles dans leur terrier.

Me voilà renseignée. Je comprends mieux la prolifération « d’experts » sur les médias audiovisuels. En géopolitique, on peut même parler de pandémie d’experts multicartes, experts simultanés de la Chine, du Vénézuela, du Moyen-Orient, du Sahel… Le non-sens total … Des experts en prise de parole pour ne rien dire, et surtout à leur propre service.

Certes, les contraintes économiques poussent aussi au développement de l’éditorialisation des plateaux, en multipliant journalistes, analystes et experts au détriment d’enquêtes et de reportages.

« Mais il faut garder en tête le rôle indispensable des médias en général et du journalisme en particulier : informer. »

Une priorité pour 57% des Français, convaincus qu’un journalisme de qualité est essentiel pour une démocratie en bonne santé.(source sondage Kantar 2017). Un débat vital quand on connaît la crise de défiance à l’égard des médias.

(1) article contrepoint:

Anne Testuz